Aide alimentaire aux démunis : sursis de deux ans

Photo : Ouest-France - Marc Ollivier
Après plusieurs mois de négociations difficiles, le soutien européen apporté par les associations caritatives aux plus démunis est maintenu. Mais il devrait disparaître en 2014.
correspondant à Bruxelles
Ouf de soulagement pour les Restos du Cœur et pour l’ensemble des organisations caritatives françaises et de l’Union européenne… Le programme européen d’aide alimentaire aux personnes les plus démunies, qui date de 1986, sera maintenu en 2012 et 2013. Un accord est intervenu in extremis, lundi, à Bruxelles, lors du Conseil agricole des 27, après plusieurs mois d’intenses tractations.
L’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, la République Tchèque et les Pays-Bas ont tout fait pour mettre fin à cette subvention qui profite, chaque année, à plus de 18 millions de personnes.
Plus de stocks
Sous la pression de la France, l’Allemagne a finalement accepté de maintenir cette aide de 480 millions d’euros pour les deux prochaines années. Une générosité très calculée de sa part : elle a obtenu, en échange, que l’Europe renonce, à partir de 2014, à toute politique sociale en faveur des banques alimentaires. « Il faut que ce soit très clair : à partir du 1er janvier 2014, il n’y aura pas de politique sociale à l’échelle européenne », a affirmé Ilse Aigner, la ministre allemande de l’Agriculture. « En pleine crise économique, la seule urgence était de maintenir les crédits pour 2012 et 2013 », a expliqué, fataliste, son homologue français, Bruno Le Maire.
De fait, sans accord, ce programme serait passé à seulement 113 millions d’euros l’an prochain et à presque rien en 2013. La Cour de justice européenne a en effet rendu, il y a quelques mois, un arrêt affirmant que le programme ne peut plus être financé par la Politique agricole commune (Pac) que dans la limite des stocks publics disponibles. Ces stocks (lait, viandes, céréales) sont vendus et l’argent est reversé aux associations caritatives. Or ils sont aujourd’hui presque vides…
La Commission n’a pas ménagé sa peine ces derniers mois pour convaincre les récalcitrants de poursuivre cette action humanitaire sur de nouvelles bases. Bruxelles propose d’inscrire ce programme dans la durée en prévoyant une ligne budgétaire spéciale de 2,8 milliards pour les années 2014 à 2020. Proposition qui a peu de chances d’être retenue.
Les banques alimentaires vont donc devoir trouver de nouvelles sources de financement.
[via] Alain Chevenier, ouest-france.fr