Le Mondial, terrain de jeu du football business
À compter d’aujourd’hui, et jusqu’au 11 juillet, la Coupe du monde, qui se tient en Afrique du Sud,va constituer un marché extraordinaire. Jackpot assuré pour certains.

la Coupe du monde, qui se tient à compter d'aujourd'hui, et jusqu'au 11 juillet en Afrique du Sud, va constituer un marché extraordinaire.
À16 h, Afrique du Sud – Mexique donnera le coup d’envoi de la Coupe du monde. Un événement attendu depuis des mois par les fous de foot. Mais également par les entreprises. Le sport roi est un sacré business et un Mondial permet une extraordinaire exposition. Pensez : 376 chaînes de télé retransmettront les 64 matchs dans 214 pays. La précédente édition, en Allemagne en 2006, avait attiré, en cumulé, 26,29 milliards de téléspectateurs…
C’est la Fédération internationale de football (Fifa) qui va empocher le jackpot : 2,2 milliards d’euros, dont 1,4 milliard de droits télé. La Fifa ne se contente pas de fixer les règles techniques du jeu. Elle impose aussi ses règles commerciales. Les petits vendeurs locaux ne peuvent travailler qu’à 800 mètres des stades. Avant, c’est le « village » réservé aux sponsors (Coca-Cola, Sony, Visa, Emirates, Mc Donald’s…) qui payent – cher – le ticket d’entrée : 729 millions.
Maillots, ballons, écrans 3D
Les équipementiers se frottent les mains. Maillots, chaussures et ballons représentent un marché extrêmement juteux (entre 4 et 8 milliards, selon les sources). Adidas (12 des 32 équipes) pense engranger 1,3 milliard de chiffre d’affaires. Nike (neuf équipes), leader sur le segment « foot », le suit à la trace. Et le petit Puma, propriété du groupe français PPR (Pinault), espère ramasser quelques miettes, avec ses sept équipes, dont quatre africaines. Alors que le premier corner n’a pas encore été tiré, Adidas a déjà vendu 300 000 maillots de l’équipe de France. La marque aux rrois bandes doit en profiter. L’année prochaine, c’est Nike qui équipera les bleus de Laurent Blanc, pour 42,6 millions.
Pour les télés, le Mondial, ça eut payé, mais ça paye moins. En France, TF1 a acheté la globalité des droits pour 120 millions. Pour alléger la facture, la Une a rétrocédé des matches à France 2 (pour 25 millions) et Canal + (8 millions). Elle attend 60 millions de rentrées publicitaires (80 millions en 2006). 80 % des écrans sont réservés. Si les Bleus passent le 1er tour, les tarifs doublent. Et s’ils vont en finale, le spot de 30 secondes coûtera 300 000 €.
Qui dit télé, dit téléviseur. Avant chaque coupe du monde, les familles changent leur poste, optant, bien sûr, pour les nouveaux modèles. L’édition 2006 avait dopé les ventes d’écrans plats. Cette année, les fabricants misent beaucoup sur leur nouveau produit, l’écran 3D. Entre 200 000 et 250 000 téléviseurs pourraient être vendus.
Le « marché des supporters » sera moins florissant que prévu. La Fifa en prévoyait 450 000, venus du monde entier en Afrique du Sud. Ils ne seront sans doute que 300 000 (dont 4 000 français). Un vrai manque à gagner pour les hôtels et les particuliers qui pensaient louer maisons et chambres.
Le pays hôte bénéficiera, certes, des retombées du Mondial. Mais sans doute pas au niveau espéré. Un événement de cette dimension coûte parfois plus cher qu’il ne rapporte (coûts minimisés, recettes optimisées) et ne tire pas la croissance. Mais il y a les bénéfices à long terme (infrastructures, transports…). Du moins, on l’espère, pour l’Afrique du Sud.
[via] ouest-france.fr