France-football : La route sera longue…
Pour son unique match amical avant le début de sa préparation pour la Coupe du monde, l’équipe de France, même diminuée par les absences, a offert mercredi un visage quelconque face à l’Espagne victorieuse (2-0) au Stade de France grâce à des buts de Villa et Ramos. Friables derrière et inexistants devant, les Bleus ont pu mesurer à moins de 100 jours de l’échéance l’écart qui les sépare aujourd’hui d’un favori pour le titre mondial.

Ribéry et les Tricolores impuissants face à la maîtrise technique espagnole. (Reuters)
Raymond Domenech voulait voir son équipe au révélateur. Il a vu. Face à l’Espagne, le sélectionneur tricolore a mesuré l’écart, énorme parfois ce mercredi, qui séparait ses joueurs des champions d’Europe. Il a également constaté, mais ce n’est pas nouveau, que la défense était le chantier le plus important encore que pour le dernier match au Stade de France avant la publication de la liste des 23, le milieu de terrain est apparu très emprunté et l’attaque avec si peu de cartouches à utiliser. La route du Mondial 2010 débutait face à l’Espagne, elle ressemble à un chemin semé d’embûches.
Une chose est certaine, l’équipe de France n’aime décidément pas l’hiver. Les Bleus n’ont en effet plus remporté de premier match de l’année depuis le 18 février 2004 et un succès en Belgique, à Bruxelles (2-0). Comme le score de ce France-Espagne en faveur des hommes de Vicente Del Bosque, qui n’a enregistré qu’une seule défaite en plus de deux ans. Dès les premiers instants de la partie, les champions d’Europe font circuler la balle à la mode espagnole et les Bleus se contentent de regarder, ou presque. Un début de partie qui conditionne en grande partie le scenario du match. Rien d’étonnant que la première opportunité soit au crédit de la formation de Del Bosque. Après une longue séquence collective, Iniesta pénètre dans la surface, mais le Barcelonais rate de peu de s’emmener le ballon pour défier Lloris (6e).
Villa évidemment
Les Bleus réagissent par Gourcuff tout d’abord, dont la passe pour Henry aux abords de la surface est interceptée par Arbeloa (7e). Puis au tour de Ribéry de se mettre en évidence. Le Munichois intercepte, puis déborde sur son côté droit, son centre en retrait ne trouvant hélas pas preneur (10e). Mais tout ceci est bien maigre car la relance française est mise sous pression par les attaquants espagnols, Villa et Silva, mais pas le contraire. C’est limpide, il y a moins de mouvement chez les Tricolores.
Mais sur le premier décalage des Bleus sur la droite, Sagna obtient un premier corner que Ciani n’est pas loin de reprendre (16e). L’Espagne rétorque par ce coup franc coupé de la tête par Busquets, le ballon rase le montant gauche de Lloris (19e). Dans la foulée, la mauvaise relance de Ciani manque de profiter à Villa qui pousse trop son ballon (20e). Deux minutes plus tard, le buteur de Valence ne rate pas l’offrande sur une mauvaise appréciation de la charnière centrale tricolore, une bourde aurait dit certains. Le deuxième meilleur réalisateur de l’histoire de la « Roja » remporte facilement son duel devant le gardien de l’OL pour signer son 36e but en 55e sélections. L’ouverture du score est logique tout comme le but du break de Sergio Ramos dans le temps additionnel de la première période (2-0, 45+2). D’un tir contré, le latéral droit conclue ainsi trois minutes de souffrance pour la défense française.
Cissé réveille les Bleus
Si les premiers « Olé » en faveur des Espagnols se font entendre dès la 25e minute de jeu, les sifflets du Stade de France contre, a priori, leurs protégés, se sont sérieusement intensifiés à la demi-heure devant la difficulté des Bleus à construire le jeu. Les entrées de Torres et Xavi dès le début du second acte ne rassurent personne dans le camp des Bleus, et en particulier Ciani, qui subit deux grands ponts de la part l’attaquant de Liverpool (49e). Henry, quasi transparent en première, rate ensuite une belle occasion de relancer les Français, sa reprise n’étant pas assez appuyée (53e). Au contraire de la frappe de Torres, mais Lloris se couche comme il faut (61e).
Sur un corner le contre est joué rapidement par Gourcuff qui transmet à Anelka. Entre deux défenseurs, le joueur de Chelsea réussit à s’offrir un angle de tir, mais sa tentative passe au dessus du cadre (68e). Il faudra en fait attendre l’entrée de Djibril Cissé dans le dernier quart d’heure pour que l’attaque des Bleus retrouve du punch et se créé sa première véritable grosse occasion. Sur un centre venu de la droite du buteur du Panathinaïkos et repris de la tête par Malouda, entré à la place de Ribéry (73e), le ballon termine sur le poteau droit de Casillas (79e).
La fin de la rencontre est plutôt à l’avantage des Bleus plus entreprenants. Mais bien évidemment, on aurait aimé que cette hargne affichée dans la conquête du ballon le soit dès le début de rencontre. Les Espagnols se contentent de bien défendre en espérant exploiter au mieux les contres. Ce qui les conduits sans encombre au coup de sifflet final avec une dernière occasion pour Jesus Navas, dont le tir frôle le montant droit de Lloris (90+1e). Gérer les matches, voilà un luxe encore trop cher pour les Bleus aujourd’hui.
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