500 ha dévorés par le feu dans les Monts d’Arrée
Un incendie a ravagé la lande des Monts d’Arrée. 180 pompiers, 55 véhicules ont été mobilisés dimanche.Un véhicule a été détruit et deux pompiers blessés. A 19 h 30, le feu était circonscrit.

L'horizon est barré par un impressionnant et épais nuage de fumée. Photo Béatrice Le Grand
Reportage
« C’est très très chaud. On a eu des flammes jusqu’à trente mètres de haut. » Hier, il est 16 h 30. Une équipe de pompiers de Landivisiau surveille les restes noircis de la lande des Monts d’Arrée. Ils sont là pour prévenir de nouveaux départs de feu. Au loin, de l’autre côté de la crête, on aperçoit de larges nuages de fumée. C’est désormais là-bas que les soldats du feu luttent pied à pied pour retenir l’avancée de cet incendie impressionnant. Il dévore la campagne entre les communes de Botmeur et de Commana, au coeur du Finistère et du Parc naturel régional d’Armorique.
Les soldats du feu de Landivisiau sont positionnés à quelques mètres de l’origine du sinistre. La carcasse fumante d’un camion dédié à la lutte contre les feux de forêts est là pour témoigner de l’avancée rapide des flammes. Il appartient à la caserne de Brasparts.
Elle est arrivée la première sur place, vers 13 h. Mais les pompiers locaux, pourtant parfaitement rompus à ce type de terrain, ont été surpris par la progression du feu poussé par des vents tournants. Ils ont dû abandonner leur véhicule et deux pompiers ont été légèrement brûlés aux jambes.
« Il faut qu’on tienne »
Quatre heures plus tard, ce sont désormais 180 pompiers qui sont engagés dans un mano a mano avec les flammes. Au poste de commandement, le colonel Mahoudo se charge de coordonner l’action des véhicules engagés. « La ligne de feu a été bloquée sur le flanc droit », explique-t-il. Des renforts sont encore en route, quinze nouveaux véhicules. Mais surtout, les pompiers ont fait appel aux canadairs basés à Marseille, ces gros avions lâcheurs d’eau. « Ils doivent arriver à 19 h 30. D’ici là, il faut qu’on tienne. »
Le feu ne se laisse pas facilement guider. « Il y a peu de vent mais il tourne, c’est cela le problème », note le colonel Guilloux, commandant le service départemental d’incendie et de secours. Comme pour donner raison à l’officier, un gendarme arrive soudain au poste de commandement : « Le feu a franchi un petit chemin, au sud. Il menace une maison à 150 mètres ». En face, le commandant Mazé : « Je n’ai plus personne pour le moment. On va envoyer une reconnaissance ». Mais aucune maison ne brûlera, même si une habitation a été évacuée par sécurité.
Finalement, à 19 h 30, les soldats du feu ont le dessus. Grâce à l’action conjointe des canadairs et des pompiers au sol, le feu semblait circonscrit. Au total, ce sont près de 500 ha qui sont partis en fumée. En 1996, un précédent incendie avait déjà ravagé, sur une surface similaire, cette région très appréciée des randonneurs. Sur le terrain, les pompiers se préparaient à une longue nuit de veille pour prévenir toute reprise de feu.
[via] Romain Le Jeune, ouest-france.fr