Coupe du monde: Les chauds latins entrent en piste
Argentine et Brésil, deux géants d’Amérique du sud, préparent leur entrée dans la compétition…

La star de l'Argentine Lionel Messi et le meneur de jeu du Brésil Kaka. EFE/SIPA ET ANDRE PENNER/AP/SIPA
Ils sont favoris, ils ont les meilleurs joueurs du monde, et leur rivalité continentale est légendaire. Mais leur profil tactique, leur préparation respective, et même leur sélectionneur sont radicalement différents.
Le Brésil sur le green, l’Argentine à l’école
La Seleçao a choisi d’implanter son camp de base dans le quartier le plus huppé de Johannesburg, Sandton. Ils logent dans un splendide hôtel-spa, fréquenté par de riches (et donc blancs) sud-africains, qui viennent y jouer au golf. Peu, pour ne pas dire aucun supporters brésiliens, mais qu’importe: après les Bafana Bafana, le Brésil est l’équipe la plus populaire d’Afrique du Sud. Et pour cause: dès leur arrivée, les coéquipiers de Kaka ont organisé un immense raout en public à Soweto, distribuant des tickets pour leur match contre la Corée du Nord.
Côté Argentin, ce n’est pas vraiment la même ambiance.
Diego Maradona dirige chaque jour ses entraînements dans un stade de 5.000 places sur le campus de l’université de Pretoria. Les séances sont très rarement ouvertes au public, alors qu’une bonne cinquantaine de fans campent littéralement aux portes du terrain, certains dormant même dans leur voiture. Et l’Albiceleste ne loge pas dans un palace: elle est regroupée dans le High Performance Center de Pretoria, où le nageur Alain Bernard vient de temps en temps faire des stages. Tout sauf une destination de vacances.
Des styles inversés
« J’aimerais bien avoir le problème de Maradona », souriait le sélectionneur portugais Carlos Queiroz en début de semaine. Et pour cause, « El Pibe de Oro » tient dans ses mains une véritable armada, avec Tevez, Messi, Milito, ou Higuain. Organisés en 4-4-2 ces derniers mois, les Argentins pourraient opter pour un 4-3-3, voire même un 3-4-3, histoire de maximiser leur pouvoir de nuisance en attaque (et minimiser les égos). Pour le Brésil, Dunga n’a pas ce problème. En ne convoquant ni Adriano, ni Ronaldinho, ni Pato, il a clairement refilé les clés de son attaque à Luis Fabiano et Robinho. Au final, son équipe présente un profil relativement défensif, ce qui ne plait pas aux reporters brésiliens. « On ne regarde jamais ce que dit la presse entre nous, ça ne nous intéresse pas », promet pourtant Gomes, le gardien remplaçant.
Dunga et Maradona, pas si différents
Tout semble opposer les deux sélectionneurs. L’un était un milieu de terrain travailleur (Dunga), l’autre un génie du jeu (Maradona). L’un est calme, voire rigide. L’autre est à fleur de peau, sans cesse au bord de l’explosion. Mais l’un et l’autre ont des points communs. D’abord, en tant que capitaine, ils ont tous les deux ramené la Coupe du monde dans leur pays. Ensuite, leur relative inexpérience comme coach les a exposés aux jugements des sceptiques. « Dunga a été critiqué, mais il a travaillé. Et aujourd’hui, les résultats parlent pour lui », soutient le vice-capitaine auriverde, Gilberto Silva. Maradona n’a toujours pas rangé le pays derrière lui. Mais seulement ses joueurs. « Il a notre confiance. Savoir si c’est un bon coach ne dépend finalement que de nous. J’espère qu’à la fin de la compétition, ce sera le meilleur entraîneur », sourit Gabriel Heinze, le défenseur de l’OM.
[via] Antoine Maes – envoyé spécial à Johannesbourg et Pretoria, 20minutes.fr