Facebook hostile au film qui lui est consacré

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg (gauche) et son double à l'écran dans le film The Social Network, Jesse Eisenberg Photomontage/REUTERS/K.White/Wireimage.com
« The Social Network »: c’est l’un des films à venir (le mois prochain aux Etats-Unis) qui devrait faire parler de lui. Bon ou mauvais, ce qui compte c’est davantage le sujet, en l’occurrence Mark Zuckerberg, prince des réseaux sociaux. Et le prince n’est pas content.
Critiques
Le film raconte les côtés sombres du jeune milliardaire, les accusations de tricherie, trahison, mensonges, et autres commencements amers. Jusqu’ici, le réseau n’a pas pris la peine de répondre, espérant ainsi ne pas alimenter un buzz éventuel.
Mais en coulisses, Zuckerberg trépigne. Il craint une érosion de son image et de celle de sa compagnie, lancée il y a seulement sept ans, dans les arcanes d’Harvard. Le New York Times rapporte que Zuckerberg considère le film comme tout bonnement mensonger. Un film basé sur un livre que l’attaché de presse avait à l’époque de sa sortie présenté non comme un reportage, mais comme « une énorme poilade ».
L’un des co-fondateurs de Facebook, Chris Hughes, qui a quitté le réseau pour rejoindre la campagne présidentielle d’Obama, souligne: « C’est fou, parce que tout à coup, Mark devient cette personne ayant créé Facebook pour avoir des filles ou obtenir du pouvoir. Ce n’est pas comme ça que ça s’est passé. C’était un peu plus ennuyeux et un peu plus trivial que ça ».
S’aliéner Facebook
Scott Rudin, l’un des producteurs du film The Social Network a souligné que deux cadres haut placés avaient vu le film et ne l’avaient pas apprécié. L’équipe de prod a pourtant tout fait pour ne pas s’aliéner Facebook, autorisant même quelques modifications mineures. Pas assez selon le réseau social.
Il s’agit néanmoins d’une œuvre de fiction, et non pas d’un documentaire. De la même manière que Brigitte Bardot ne pourra pas faire interdire un film sur elle, en préparation à Hollywood, et qui ne demande pas son aval, Mark Zuckerberg ne peut empêcher des cinéastes de s’inspirer de sa vie, et d’une biographie contestée de son entreprise.
Le malheur de Zuckerberg est que le film pourrait être bon. David Fincher (Seven, The Game, Fight Club) est à la réalisation, et Aaron Sorkin, créateur, scénariste et producteur de A la Maison Blanche, écrit le scénario. Les spectateurs se rueraient alors, deux fois plus nombreux, pour voir ce film qui fait de Facebook une entreprise bâtie sur le vice.
[via] Charlotte Pudlowski, 20minutes.fr