Pourquoi les ados raffolent-ils du catch américain ?
Pour Noël, votre enfant a peut-être commandé au Père Noël des figurines ou autres accessoires des catcheurs de la WWE… Mais, au fait, c’est quoi la WWE ? Décryptage.

Triple H, The Undertaker, John Cena… Des noms inconnus pour certains, mais qui font vibrer des élèves de fin de primaire ou du collège. Ces catcheurs, véritables stars aux États-Unis, fascinent de plus en plus de petits Français, par l’intermédiaire de la télévision.
L’émission Catch Attack, par exemple, est diffusée en prime time le samedi soir sur la chaîne gratuite NT1 et attire 650 000 spectateurs en moyenne. Elle retransmet les immenses shows de la WWE, la World Wrestling Entertainment. La fédération américaine ne lésine pas sur la mise en scène des combats : musique d’entrée pour chaque catcheur, jeux de lumières, feux d’artifice…
« Un vrai métier »
Des scénarios rocambolesques tiennent chaque semaine les spectateurs en haleine. Ils racontent des rivalités anciennes ou des mariages sur le ring. « C’est comme une série, explique Joë Martin, bientôt 12 ans. J’aime bien suivre les histoires entre les catcheurs, et aussi les voltiges. »
Même si tous les combats sont scénarisés, les athlètes ne s’économisent pas en clés de bras, sauts chassés, projections dans les cordes… Des messages comme « Soyez prudent, ne faites pas ça chez vous ! » s’affichent régulièrement sur l’écran. Mais difficile de dissuader les enfants de reproduire les prises de leur catcheur préféré.
« On ne se tape pas vraiment, décrit Joë, on cogne dans le vent, on fait semblant d’avoir mal. » Parents et enseignants s’inquiètent néanmoins de voir arriver ces « jeux » dans les écoles. Le phénomène commence aussi à intéresser les chercheurs. « On peut comprendre l’intérêt des enfants pour ces shows. Ils sont baignés dans un monde d’images et suivent les tendances », analyse Élisabeth Baton-Hervé, chargée de mission à l’Unaf (1) spécialisée dans les médias. Mais mieux vaut « ne pas laisser l’enfant seul devant l’écran et bien lui expliquer que les catcheurs ont appris à tomber, qu’il ne faut pas les imiter. »
Booster, un catcheur français, confirme : « On s’entraîne trois fois par semaine. C’est un vrai métier. Même si les coups ne sont pas portés, il y a de grosses prises de risque. »
Et comme tout phénomène autour de la jeunesse, le marketing suit de près : magazines, tee-shirts, DVD… Élisabeth Baton-Hervé attire l’attention sur les publicités pour les jeux vidéos glissées à la télé : « Souvent, ces jeux sont interdits aux moins de 16 ans, il convient d’être vigilant sur la signalétique. » Elle conseille aussi aux parents de « diversifier les activités des enfants et leurs sources de loisirs. Il faut toujours leur proposer des alternatives. »
(1) Union nationale des associations familiales.
[ via l’article d’origine ]
Laetitia HÉLARY, ouest-france.fr
publié, Mardi, le 22 Décembre 2009