Le Pakistan face aux catastrophes
En une semaine, les inondations ont fait plus de 800 morts et les risques d’épidémies deviennent bien réels. Environ un million de personnes sont concernées. Mercredi, un avion s’écrasait et faisait 152 victimes.

©AFP
Plus de 800 personnes sont mortes dans des inondations au Pakistan en une semaine, selon un nouveau bilan annoncé samedi par le gouvernement. Les équipes de secours avaient du mal à atteindre les zones frappées, les eaux ayant submergé de nombreuses routes et endommagé des ponts.
Parallèlement, les craintes d’épidémies s’intensifiaient, certains évacués commençant à souffrir de diarrhées, fièvre et autres maladies.
Au total, environ un million de personnes ont été touchées par la montée des eaux, selon l’ONU.
Dans le nord-ouest du pays, la région la plus touchée, il s’agit des pires inondations depuis 1929. Des hommes, femmes et enfants étaient bloqués sur les toits de leurs maisons cernées par les eaux, attendant les secours. « Ce sont des conditions très mauvaises », expliquait Amjad Ali, un sauveteur de la région de Nowshera. « Ils n’ont ni eau, ni nourriture ».
Un médecin s’occupant des personnes évacuées dans un petit camp de fortune à Nowshera signalait des cas de diarrhées et d’affections dermatologiques. Les enfants et les personnes âgées semblaient avoir le plus de problèmes, selon Mehmood Jaa. « En raison des eaux, ils ont maintenant des douleurs et ils souffrent de fièvre et de toux », a-t-il précisé.
Des familles détruites
À Charsadda, dans la même région, Nabi Gul, un homme d’environ 70 ans, restait prostré devant sa maison totalement détruite. « J’ai construit cette maison avec les économies de toute une vie, et en travaillant dur, et la rivière a tout emporté », racontait-il d’une voix tremblante. « Maintenant, je me demande, est-ce que je pourrai la reconstruire ? Et actuellement, alors que les prix sont aussi élevés ? » Les secouristes utilisaient des hélicoptères de l’armée, des camions et des bateaux pour essayer d’approcher les zones inondées, selon l’ONU. Des milliers de maisons et de routes ont été détruites, et au moins 45 ponts ont été endommagés dans le nord-ouest du pays, précisait-on de même source.
L’accès aux victimes reste difficile
Les destructions ralentissent les efforts de secours, a déclaré pour sa part Lutfur Rehnan, un responsable du gouvernement à Khyber-Pakhtoonkhwa, une province du nord-ouest du Pakistan. « Notre priorité est de transporter les personnes affectées par les inondations dans des endroits plus sûrs. Nous menons ces opérations de secours malgré des ressources limitées », a-t-il affirmé, ajoutant qu’ils avaient besoin de plus d’hélicoptères et de bateaux.
En une semaine, plus de 800 personnes ont péri, a rapporté Mian Iftikhar Hussain, ministre de l’Information de la province de Khyber-Pakhtoonkhwa, dans le nord-ouest du pays. Beaucoup d’autres sont portées disparues.
Les inondations ont laissé quelque 400.000 personnes bloquées dans des villages isolés. Elles ont gravement endommagé le réseau d’infrastructures du pays, déjà précaire. Selon les autorités, les inondations reculaient dans le Nord-Ouest, mais de nouvelles pluies étaient attendues dans les jours qui viennent sur d’autres régions du pays.
Selon Qamar-uz-Zaman Chaudhry, le patron des services de météorologie du Pakistan, aucune nouvelle pluie n’était attendue prochainement dans le Nord-Ouest. Mais des pluies risquent de s’abattre dans les trois ou quatre jours qui viennent sur les provinces du Penjab (Est) et du Sindh (Sud), et sur la partie pakistanaise du Cachemire, a-t-il précisé.
Ces régions ont déjà été affectées par des inondations, avec plus de 21 personnes tuées au Cachemire.
Les boîtes noires retrouvées
Par ailleurs, un accident d’avion, qui a fait 152 morts près de la capitale, Islamabad, s’est produit mercredi alors que le temps était orageux.
Le directeur de l’aviation a annoncé ce samedi que les boîtes noires avaient été retrouvées : « Les enquêteurs ont retrouvé les boîtes noires ce matin sur les collines de Margalla »
L’A321 de la compagnie Airblue en provenance de Karachi s’est écrasé mercredi pour une raison non élucidée par temps de pluie sur les collines de Margalla, qui bordent la capitale, au lieu d’atterrir comme prévu à l’aéroport international de la ville.
Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Islamabad ont considérablement freiné les recherches sur le lieu de l’accident, isolé et difficile d’accès.
Les enquêteurs espèrent que les paramètres du vol et les conversations enregistrés permettront de déterminer les causes exactes de la catastrophe.
Les autorités se demandent notamment pourquoi le pilote avait fait voler son appareil à si basse altitude et à cet endroit, hors de son plan de vol. L’avion était de surcroît relativement récent (10 ans) et piloté par un capitaine expérimenté.
Les autorités avaient décrété jeudi jour de deuil national à la suite de l’accident.
Le Pakistan n’avait pas connu de catastrophe aérienne aussi meurtrière depuis septembre 1992 avec l’accident d’un Airbus 300 de la compagnie publique PIA à l’approche de Katmandou, la capitale népalaise, qui avait fait 167 morts.
[via] D’après AFP et AP, lesoir.be