Les Playmobil entrent au musée, au Louvre
Pas loin de la Joconde
Belle consécration et joli coup de pub, à quelques jours de Noël. Playmobil, la petite figurine en plastique, fait son entrée au musée. Plus précisément aux Arts décoratifs, dans l’aile nord du Louvre. À quelques encablures de la Joconde et de la Victoire de Samothrace. Vikings, policiers, infirmières, nurses: le musée a rassemblé des milliers de petits personnages et leurs « univers » (maisons, châteaux, véhicules, animaux, etc.).

Playmobil
Hula-hoop
Quel rapport entre les Playmobil et le cerceau que l’on faisait tourner autour de sa taille ? Pour comprendre, direction l’Allemagne, chez Geobra Brandstatter, la « nursery » des Playmo. Dans les années 1950, cette PME familiale s’était mise aux jouets de plastique et notamment aux hula-hoops. Le soufflet retombe très vite. « Au début des années 1970, le patron, Horst Brandstatter, s’inquiète de la hausse du prix de sa matière première et cherche à mieux utiliser le savoir-faire de son entreprise en matière de moules, explique Dorothée Charles, commissaire de l’exposition. Hans Beck, designer et menuisier de formation, reçoit la mission de concevoir une petite figurine, économe en plastique et pouvant résister aux effets de mode. Le contraire du hula-hoop en somme. »
Il y a trente-cinq ans
En 1974, sortent en Allemagne les trois premiers personnages: le chevalier, l’ouvrier de chantier et l’indien. Un an plus tard, les Playmobil débarquent en France, qui devient vite le deuxième marché. Aujourd’hui, la gamme compte 3 000 personnages; on estime qu’il s’en est vendu 2,2milliards depuis 1974.
7,5 cm sous la toise
Le Playmobil mesure 7,5cm de haut. Et comme son nom l’indique, dès le début de sa carrière, il peut lever les bras, se pencher, s’asseoir, tourner la tête; on peut aussi lui mettre des objets dans les mains. Armes, outils, couvre-chefs de plus en plus sophistiqués se multiplient. L’indien et le chevalier montent à cheval. Puis apparaît le chien. « Pour séduire les petites filles, Hans Beck conçoit un Playmobil femme en 1976. Les enfants, hauts de 5,5 cm, naissent en 1981. » Ingénieuse initiative : désormais, les garçons jouent avec les chevaliers ou les pompiers, les filles avec les infirmières ou la famille 1900. Aujourd’hui, sur 100 Playmobil, 70 sont utilisés par des garçons, 30 par des filles.
Sourire
Sur les dessins originaux d’Hans Beck, le Playmobil a déjà le sourire si particulier qui est ¯ aussi ¯ sa marque de fabrique. « Les yeux ronds, le léger sourire, c’est sans doute ce qui a semblé le plus passe-partout, le plus neutre. » Résultat : qu’il manie un râteau, un biberon ou une épée, il a toujours le même petit air, mi-sérieux, mi-amusé. Un peu comme la Joconde… Tiens, c’est peut-être pour ça que les Playmobil sont dans le Louvre ?
[ via l’article d’origine ]
ouest-france.fr
publié, Lundi le 14 Décembre 2009