Cinq milliards de voyageurs ont choisi les transports en commun en France
Les transports publics français ont le vent en poupe. En 2008, avec quelque 5,2 milliards de voyageurs transportés dans la région parisienne comme dans le reste de la France, un record a été battu. L’Union des transports publics a enregistré une augmentation de 6,1 % du nombre de voyageurs, « niveau de progression inégalé depuis près de 30 ans ». Ce chiffre concernait les 133 réseaux de province.

Les Français empruntent de plus en plus les transports publics, qui ont encore une marge de progression.
L’équivalent de la Hongie chaque jour
La RATP, qui transporte une grande partie des habitants de l’Île-de-France, a vu leur nombre augmenter de 5,6 %. La RATP transporte chaque jour l’équivalent de la population de la Hongrie, soit dix millions de personnes.
La crise économique qui a sévi tout au long de cette année 2009 a conduit les responsables des transports publics à tempérer leur optimisme. L’UTP s’attend à « un repli de la mobilité, et donc une probable baisse de la fréquentation des réseaux de transport ».
Forts de ces bons résultats, les sociétés de transports publics se penchent depuis hier, à Nice, sur eur avenir. Les 22 e rencontres nationales ont entrepris l’examen du problème de l’ouverture des marchés et « du principal défi » que représente l’émergence de la concurrence dans un monde jusqu’à présent marqué par les monopoles. Le sénateur alsacien Hubert Haenel, auteur d’un rapport sur ce sujet crucial, a fait le point devant les congressistes.
Sa collègue Fabienne Keller est, de son côté, revenue sur son travail sur l’avenir des gares, appelées à jouer un rôle déterminant dans l’avenir du transport public. Elles seront plus que jamais des plaques tournantes entre les liaisons régionales, nationales et les réseaux locaux qui restent à développer.
Les défis à relever sont nombreux et ils intéressent tout un chacun. Selon une enquête de l’Insee, réalisée l’an dernier, les Français se déplacent 56 minutes par jour pour aller au travail, étudier ou se distraire. Si on ne sélectionne que les personnes qui sortent de chez elles, ce temps passe à 66 minutes.
Contrairement aux idées reçues, ce sont les habitants des zones hors des grandes agglomérations qui consacrent le plus de temps à leurs déplacements. Les commerces ou les lieux d’éducation sont plus éloignés du domicile que dans les villes moyennes ou grandes. Dans ces secteurs faiblement urbanisés, la voiture est plus utilisée qu’en 1994, date de la précédente enquête. Les distances domicile-commerce sont telles que la marche ou l’utilisation du vélo ont diminué.
En ville, la pratique de la marche a augmenté ainsi que, dans une moindre proportion, l’usage d’un deux roues. L’utilisation de la voiture a baissé de 5 %.
La place de la voiture dans les villes reste pourtant au cœur des réflexions engagées. Le sondage réalisé en 2008 par l’Observatoire de la mobilité mis en place par l’Union des Transports publics révèle que 47 % des Français râlent contre les embouteillages. Ils sont à peu près autant à souffrir des problèmes de stationnement. La pollution ne semble préoccuper que 14 % d’entre eux.
Cent milliards d’euros perdus en Europe
Le débat sur l’instauration de péages urbains pour lutter contre la suprématie automobile a été relancé par le Sénat le mois dernier. Celui-ci propose d’expérimenter des péages urbains dans les agglomérations de plus de 300 000 habitants sur le modèle de ce qui existe déjà, par exemple, à Londres. Les ressources générées parce système seraient allouées aux plans de déplacement urbains.
L’Europe est décidée, elle aussi, à lutter contre les engorgements de la circulation urbaine, la pollution et les accidents de la route. Ils coûtent 100 milliards d’euros à l’Union européenne, soit 1,1 % de son PNB.
[ via l’article d’origine ]
de Raymond Couraud, lalsace.fr
publié, le 26 Novembre 2009