La télé des enfants, c’est surtout le matin

Julien Borde, directeur de l'unité Jeunesse de France Télévisions. David Ademas
Suivez-vous les recommandations du CSA : « Pas d’écran avant 3 ans » ?
Nous avons toujours été en phase avec cette ligne, recommandée par les pédopsychiatres. On ne s’adresse pas aux enfants de moins de 3 ans, contrairement aux chaînes américaines et britanniques. Notre équipe produit 3 000 heures de programmes jeunesse par an, avec une marque transversale : Ludo. Les 6-12 ans ont rendez-vous sur France 3, les ados sur France 4 et les 3-7 ans sur France 5, avec Les Zouzous.
Selon un sondage du magazine Parents (1), 51 % des enfants de moins de 3 ans regardent la télévision.
• Il y a souvent un effet de fratrie. Le grand frère ou la grande soeur regardent leur émission préférée, le plus jeune veut être avec eux. Il suit un programme qui ne lui est pas destiné.
Existe-t-il un système de codes indiquant que cette émission est dédiée à telle tranche d’âge ?
• Non. Un habillage spécifique, visuel et sonore montre que l’on entre dans un espace de récréation.
Les parents se disent attentifs à ce que regardent leurs enfants… Recevez-vous des courriers, des remarques ?
• Très peu, en fait. Les parents d’aujourd’hui ont une attitude très décomplexée vis-à-vis de la télévision. Ils ont grandi avec.
La télévision sert parfois de baby-sitter le matin. Avez-vous des chiffres d’audience ?
• Les programmes de France Télévisions arrivent en tête sur cette tranche du 7 h-9 h, avec des audiences pouvant aller de 100 000 à un million de petits téléspectateurs.
L’une des peurs des parents est que l’enfant devienne « accro » à la télévision. Que répondez-vous ?
• Que nous soignons la richesse et la variété de nos contenus. Les pédopsychiatres estiment que plus les formats sont variés, avec des programmes courts, des jeux, moins il y a de début d’addiction. C’est ce que notre équipe essaie de faire, en choisissant de produire des contenus adaptés plutôt que d’en acheter.
France Télévisions est le premier producteur de dessins animés en Europe. Dès l’origine, on suit le projet, comme l’adaptation de la tortue Lulu Vroumette, le personnage de l’écrivain Daniel Picouly. C’est une oeuvre singulière, qui parle aux enfants du respect de la nature, des autres. Un contenu intelligent.
[via] Christelle Guibert, ouest-france.fr