Le grand écart du prix des médicaments
Les médicaments vendus en pharmacies peuvent afficher des différences de prix de l’ordre de 14 euros, indique l’association de consommateurs Familles rurales.

Les médicaments peuvent être jusqu'à trois fois plus chers d'une pharmacie à l'autre (AFP)
Les prix des médicaments non remboursables présentent en France « une très grande disparité ». Ils peuvent être jusqu’à trois fois plus élevés d’une pharmacie à l’autre, souligne une étude publiée jeudi 20 mai par l’association de consommateurs Familles rurales.
L’association a relevé en janvier les tarifs de 13 médicaments dans 76 magasins de 36 départements. Selon l’étude, le prix peut passer du simple au double, voire au triple : ainsi, le tarif de l’Activir, un traitement contre l’herpès, varie de 2,99 à 9,60 euros et celui du lait infantile Gallia oscille entre 11,78 et 25,65 euros, soit une différence de 13,87 euros.
Parmi les plus forts écarts constatés figurent également le Biafineact (émulsion contre les brûlures), le Dacryum (antiseptique pour lavage optique), ou encore la solution pour de bain de bouche Hextril, avec des différences de plus de 3,50 euros entre les prix minimum et maximum observés.
Des écarts inévitables
Jocelyne Wittevrongel, responsable de la communication pour la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, juge ces écarts inévitables, en raison des modes d’approvisionnement des officines.
« Un pharmacien peut s’approvisionner directement auprès des laboratoires, pour des quantités significatives, et obtenir ainsi des remises importantes. Cela permet de baisser le prix, d’autant qu’il n’y pas d’intermédiaire », a-t-elle expliqué.
« Mais pour des raisons pratiques, notamment de stocks, une pharmacie ne peut pas tout commander de cette manière, en grandes quantités. Pour certains produits, elle doit passer par un grossiste répartiteur pour des commandes à l’unité, ce qui augmente les prix », a-t-elle ajouté.
Mauvaise information du consommateur
Familles Rurales, qui réalisera un nouveau relevé en juin, dénonce par ailleurs une mauvaise information du consommateur. Les médicaments concernés, non remboursables et pouvant être vendus sans ordonnance, « ne sont pas majoritairement en accès libre et restent derrière le comptoir » sous contrôle du pharmacien, empêchant souvent les clients d’examiner les prix, dénonce l’association.
Or pour ceux des médicaments qui sont proposés en accès libre, le consommateur « a une parfaite lisibilité sur le prix », et les tarifs sont en général « moins chers ».
Un décret du 1er juillet 2008 avait autorisé les pharmacies à proposer en accès direct près de 200 médicaments, pour mieux informer les acheteurs et améliorer la concurrence.
[via] (avec AFP), nouvelobs.com