Thon rouge : une piste d’élevage

Le thon rouge fait l'objet de vifs échanges entre écologistes et pêcheurs - Tony Gentile
Les scientifiques ont peut-être trouvé un moyen de réduire la pression sur les stocks sauvages.
Dans le cadre du projet européen Selfdott (1), coordonné par l’Institut espagnol d’océanographie et financé par l’Union européenne (3 millions d’euros), une équipe de chercheurs a obtenu le dépôt d’oeufs viables de thon rouge atlantique en captivité. Et uniquement « par des moyens naturels, sans aucune induction hormonale. » Máire Geoghegan-Quinn, membre de la Commission européenne responsable de la recherche estime que « les résultats de ces recherches, s’ils sont commercialisés, permettront d’accroître les ressources alimentaires et une gestion durable du thon rouge ».
Selon les chercheurs, « dix millions d’oeufs ont été pondus en une seule journée ». L’équipe de Selfdott va s’intéresser maintenant au développement embryonnaire et larvaire de ces oeufs et s’efforcer d’améliorer le taux de survie et la croissance des juvéniles. « Le projet vise aussi à mettre au point des aliments durables pour les juvéniles. »
Pour l’Union européenne, « l’aquaculture est une réponse prometteuse à l’appauvrissement des ressources alimentaires qui résulte de la croissance démographique, de la surpêche, de la pollution et des atteintes à l’environnement ». La production mondiale de l’aquaculture avoisine les 70 millions de tonnes pour une valeur de 65 milliards d’euros. Son développement n’est toutefois pas sans conséquences sur l’environnement. Un sujet que vont aborder les scientifiques participant au symposium franco-japonais organisé par Ifremer à l’IUT de chimie de Sète, du 1er au 3 septembre.
[via] Jean-Pierre Buisson, ouest-france.fr