Le maroquinier Lamarthe repris par l’italien Sergiolin
La marque de sacs haut de gamme était en redressement judiciaire depuis octobre. Son repreneur, un groupe familial italien, conserve 80 % de l’effectif.

DR - Lamarthe
Lamarthe reste sous pavillon italien. En redressement judiciaire depuis octobre dernier, le maroquinier de luxe a été repris en fin de semaine par le groupe Sergiolin Spa. Installée à Bologne, cette entreprise familiale fabrique notamment les lignes de sacs et bagages sous licence pour Gianfranco Ferré, Spalding & Bros ou les Copains. Elle s’est engagée à conserver 85 salariés sur les 105 de l’entreprise, soit 80 % de l’effectif en France, en Italie et en Espagne. Lamarthe, dont la cotation était suspendue depuis plusieurs mois, va aussi sortir de la Bourse où elle était entrée il y a 4 ans. Sa valeur y a fondu de 89 % sur la période.
Le repreneur veut relancer la maison créée en France en 1930, et qui s’est positionnée sur le segment du « luxe accessible ». Il veut lui « donner un nouveau souffle en France comme à l’étranger », où elle est présente dans 25 pays.
Sergiolin connaît bien Lamarthe, qui avait été achetée en 2004 à Mandarina Duck par trois associés italiens. Le groupe de Bologne a signé il y a un peu plus d’un an un contrat de partenariat industriel avec le maroquinier de luxe, et assurait depuis la totalité de sa production d’accessoires (sacs, portefeuilles…). Au terme de cet accord, Sergiolin a récupéré les deux sites de production en Roumanie de Lamarthe, dont le premier avait été ouvert en 2004 et emploie 300 personnes. L’ensemble de ces actifs avait alors été évalué à 350.000 euros. En janvier, Sergiolin est venu de nouveau à la rescousse de Lamarthe en finançant la collection printemps/été 2010 de la marque de maroquinerie pour lui permettre d’être présente dans ses magasins en propre et chez ses revendeurs, malgré ses difficultés.
Depuis son achat par Mario Gardini, son PDG, et deux associés italiens il y a six ans, Lamarthe n’est pas parvenu à remonter la pente. La direction a tenté d’en rajeunir l’image, en proposant des modèles d’un style plus actuel et en relançant son réseau de distribution. Un programme financé en recourant à l’emprunt. Mais la crise a contrecarré ses efforts, avec une forte dégradation des ventes en particulier en Espagne, l’un des principaux marchés de la société. Dans le rouge depuis 2007, le maroquinier a creusé ses pertes l’an dernier. Au premier semestre 2009, il a perdu 2,4 millions d’euros en exploitation. Son chiffre d’affaires a reculé sur la période de 20 %, à 6,2 millions. De plus, la société a été « fragilisée par un endettement structurel élevé » : 10,9 millions d’euros avant la mise en redressement judiciaire, pour 2,6 millions de capitaux propres.
Sergiolin mise sur la notoriété de Lamarthe, « une marque emblématique de la maroquinerie haut de gamme ». « Dans ce contexte délicat, la clientèle et les partenaires commerciaux du groupe ont démontré leur fidélité », indique l’entreprise.
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Dominique Chapuis, lesechos.fr
publié, le Vendredi 09 Avril 2010