Rachat du Monde : Prisa s’allie avec le Nouvel Obs et France Télécom
Le groupe de presse français du Nouvel Observateur et l’opérateur de téléphonie France Télécom ont jeté « les bases d’un accord » avec le groupe espagnol Prisa (El Pais) pour le rachat du Monde, le plus prestigieux des journaux français, a indiqué France Télécom.

Le Soir (Roger Milutin)
Le Monde cherche un repreneur qui devra massivement recapitaliser le groupe fortement endetté. Les montants avancés sont évalués de 80 à 120 millions d’euros.
L’un des candidats, le patron fondateur du Nouvel Observateur (centré autour du magazine du même nom) Claude Perdriel, s’est allié à France Télécom, surtout intéressé par les activités numériques du Monde.
Le groupe espagnol Prisa, propriétaire du quotidien El Pais et déjà actionnaire du Monde à plus de 15 %, devrait finaliser un rapprochement avec le duo Nouvel Obs-France Télécom.
« Nous avons jeté, avec Claude Perdriel et Prisa, les bases d’un accord qui sera présenté ce soir (dimanche) à mon conseil d’administration », a annoncé le directeur général de France Télécom, Stéphane Richard, dans une interview au Journal du Dimanche.
Selon lui, cet accord prévoit « le rachat de la participation de 34 % du groupe (de médias et d’armements) Lagardère dans le Monde Interactif ». « Au total, notre investissement pourrait représenter de 50 à 60 millions d’euros ».
Claude Perdriel a précisé proposer un total de 80 millions d’euros pour la reprise de 67 % du groupe et s’est dit prêt à monter jusqu’à 100 millions d’euros.
Une offre concurrente a été déposée par un trio constitué du banquier d’affaire Matthieu Pigasse, patron de Lazard Europe et propriétaire du magazine Les Inrocks, de l’homme d’affaires Pierre Bergé et du président-fondateur de l’opérateur de télécommunications Free, Xavier Niel.
Les offres définitives de reprise du groupe Le Monde doivent être déposées au plus tard lundi, la décision finale étant attendue le 28 juin.
Certains observateurs du dossier voient la main de l’Elysée derrière France Télécom, détenu à 26 % par l’État.
L’achat du Monde a pris une dimension politique, avec la révélation du fait que le président français Nicolas Sarkozy, a tenu à faire savoir que l’offre Niel-Pigasse-Bergé ne trouvait pas grâce à ses yeux.
[via] (AFP), lesoir.be