BlackBerry, bête noire des censeurs
Après les Émirats, l’Arabie saoudite interdit ce téléphone multimédia difficile à contrôler. L’Inde lui cherche des noises.

1999 Naissance à Waterloo (Ontario),chez Research in Motion.2008 Entreà la Maison-Blanche avec Barack Obama.2010 RIM revendique 46 millions d'utilisateurs dans le monde.AFP
Le BlackBerry sera-t-il bientôt non grata dans le Golfe ? Dimanche, les Émirats arabes unis décidaient d’interdire certains services disponibles sur le pionnier des téléphones intelligents, très prisé des hommes d’affaires et de la jeunesse. Hier, l’Arabie saoudite leur a emboîté le pas. L’appareil n’est certes pas interdit, mais les opérateurs mobiles ont ordre de suspendre immédiatement leur service.
Motif ? Research in motion (RIM), le fabricant canadien du BlackBerry, aurait « refusé de se conformer aux exigences de la réglementation ». Lesquelles ? Mutisme à Riyad. Mais nul besoin d’être devin. Au royaume des wahhabites, où pruderie et hypocrisie font bon ménage, l’Internet est verrouillé : pas question de naviguer sur des sites olé olé ou (pire ?) politiques…
Le BlackBerry permet précisément de mailer, chatter et surfer ni vu ni connu : les données transitent par les serveurs de RIM, au Canada et aux États-Unis. « Leur cryptage est si fort que personne ne sait les surveiller », explique John Hering, expert en sûreté des communications.
Confrontée au terrorisme, l’Inde menace à son tour d’interdire la « mûre », invoquant sa sécurité nationale. Mike Lazaridis, patron de RIM, veut bien parlementer, mais il a prévenu : « Aucun compromis sur le cryptage, c’est ce qui fait notre succès ».
Inviolable le Blackberry ? En 2007, la France l’a interdit à ses ministres et hauts fonctionnaires, soupçonnant la NSA américaine d’écouter le réseau. Et quand Obama a insisté pour introduire le sien à la Maison-Blanche, les services de sécurité n’y ont consenti qu’après avoir renforcé les protections.
[via] Bruno Ripoche, ouest-france.fr