L’office du lait approuvé par 1 200 producteurs

Photo Joël le Gall
Plus de 1 000 producteurs de lait venus aux informations, hier à Avranches, ont lancé l’Office du lait français. Ce mouvement dissident du courant majoritaire rejoint l’European Milk Board (EMB) au niveau européen.
Ils travaillaient pour l’ancienne laiterie de la Blanche Hermine, à Vitré, jusqu’en 2006. Aujourd’hui, ils le livrent à Lactalis. Hier à Avranches, Denis Jahenin et Bertrand Simon, secrétaire et trésorier du groupement des producteurs de lait, ont déposé à la tribune « un chèque d’avance de 690 € d’adhésion ».
Le groupement réunit 232 producteurs. Démocratiquement, les producteurs ont eu à choisir : soit ils adhèrent à la démarche d’adhésion des associations de producteurs de lait Bretagne Lactalis, initiée par la FNPL, soit ils adhèrent à la démarche initiée par Paul de Montvalon. Résultat : 75 d’entre eux ont adhéré à la démarche de l’Office du lait. « Attendez-vous à recevoir un chèque supplémentaire de 2 000 à 2 200 € » ont conclu ces deux producteurs.
Devant 1200 producteurs de lait rassemblés à Avranches dans la Manche, Paul de Montvallon a annoncé la création de l’Office du lait français officialisée la veille au soir par les membres fondateurs. On y retrouve la Confédération paysanne, l’Apli (Association des producteurs de lait indépendants, l’OPL. « Nous sommes dans le mouvement de l’European Milk Board. Nous devons tous marcher main dans la main », a martelé Paul de Montvallon.
Ainsi, si les éleveurs peuvent adhérer individuellement à l’Office, moyennant une cotisation annuelle de 50 € par an par personne physique, l’Office prévoit un collège de « cooptés » à savoir France Milk Board, et des groupements de producteurs transfrontaliers. Les transformateurs pourront y adhérer même si les producteurs ne se font pas d’illusion : « Ils nous rejoindront quand nous aurons réuni niveau français et européen et su créer un vrai rapport de force. Il faut fédérer les initiatives à tous les niveaux », tranche Paul de Montvalon à une question de producteurs qui se disent « sous la pression de leur laiterie ».
L’Office veut partir à la conquête des consommateurs. Les producteurs estiment avoir le temps de se préparer à opposer aux laiteries le contrat de France Milk Board, « quand les organisations de producteurs seront reconnues officiellement ».
[via] François Lemarchand, ouest-france.fr