France – Etudiant. « Je compte beaucoup sur l’aide au logement »
En vitrine, studios et T1 font de l’oeil aux passants. 270, 350, 410 €… Le choix qui s’annonce entre APL et demi-part fiscale préoccupe-t-il les étudiants ? Pour l’instant les agences rennaises ne s’inquiètent pas : « En règle générale, c’est papa maman qui payent, les étudiants ne se posent pas de questions. »

De nombreux étudiants comptent sur l'APL pour boucler leur budget. Audrey Aussant
L’APL, tout le monde compte dessus. « 80 % des gens qui visitent l’ont calculée avant, indique un commercial de l’agence CMI. Je connais plein de gens qui ne peuvent payer un logement à leur enfant que grâce à l’APL. » Le milieu rural, où l’on est souvent forcé de recourir à des locations en ville, est tout particulièrement concerné.
Au Crij (Centre régional d’information jeunesse), Anne-Lise Duquoc, animatrice au Point information logement, s’effraie des répercussions pour les étudiants qui voudraient se rendre dans une autre ville pour faire leurs études. « C’est quand même le gros levier financier des jeunes pour l’entrée dans le logement. C’est une mauvaise nouvelle pour leur autonomisation. »
« C’est casse-pieds ! »
Clémence, 21 ans, arrive à Rennes, aux Beaux-Arts, en septembre. Elle peut, pour la première fois, demander l’APL. Jusqu’à 20 ans une demande d’aide au logement peut amputer la famille de certaines allocations. « Ça peut être embêtant, je compte beaucoup là-dessus. » Comme elle est boursière, l’APL lui apportera 244 € sur un loyer de 372 €. Cédric, 24 ans, se plaint tout de même de son montant : « Je suis en colocation, je ne touche que 89 € d’APL pour un loyer de 380 € ».
« Si on ne les déclare plus à charge, c’est un peu comme si on les délaissait quelque part », ne peut s’empêcher de penser Catherine, venue accompagner sa fille et une amie à elle pour trouver un appartement à partager. Les calculs de l’APL ? « On est en plein dedans ! » Mission : pas plus de 600 € de loyer pour les deux jeunes filles.
Place du Parlement, toujours à Rennes, un couple de retraités entre dans l’agence Sovic. Il vient réserver un studio pour son petit-fils, qui commencera ses études en septembre. Le choix entre APL et demi-part fiscale ? Ils ne savaient pas. « C’est casse-pieds ! » ajoute la grand-mère. Encore au stade d’annonce, la mesure devrait être votée lors de la loi de finances 2011, à l’automne. Tout le monde n’est pas au courant. Sur une quinzaine de visites de studios pour étudiants menées par un commercial de Sovic, « trois ou quatre personnes ont posé la question ».
[via] ouest-france.fr