Cinéma, sortie en France – The social network, la naissance de Facebook

Justin Timberlake (à gauche) et Jesse Eisenbug alias Mark Zuckerberg - DR
Donc, tout ça s’est construit sur une peine de coeur. Parce que sa petite amie l’a bazardé, en le traitant gentiment de « merde », Mark Zuckerberg imagine une vengeance à la mesure de son génie.
L’informatique n’a aucun mystère pour lui. Étudiant à Harvard, il pirate le système de la fac et crée un site où sont affichées les données des filles du campus. À charge pour les visiteurs de donner des notes. On est en octobre 2003, c’est l’acte de naissance de Facebook. Sept ans plus tard, son prodige de créateur vaut entre 30 et 40 milliards de dollars. Mais il ne s’est pas fait que des amis.
Qui est donc ce Mark Zuckerberg ? Malgré toute l’énergie qu’il met à chercher la réponse, David Fincher, le cinéaste de Seven et de Benjamin Button, butte parfois sur les énigmes d’une personnalité insaisissable.
Voyage dans l’envers du décor
Sous les traits d’un Jesse Eisenberg épatant d’ambiguïté, d’assurance et d’ambitions mélangées, ce surdoué des ordinateurs apparaît aussi empoté que machiavélique, possédé autant que manipulateur. Pas forcément sympathique, mais pas franchement odieux pour autant. Peut-être dépassé par un phénomène dont, en dépit de tout son génie, il ne pouvait prévoir et mesurer l’impact.
Le scénario se faufile dans les péripéties qui ont construit cet empire social et économique. Parce que l’aventure de Facebook s’est aussi déroulée dans les prétoires. Avec des procès en série, de la part du meilleur pote de Zuckerberg, mais aussi de deux autres étudiants, réclamant la paternité du projet. On plonge alors dans la bouillante efficacité du film de procès cher à Hollywood.
Dans une construction en tiroirs, qui joue autant avec la chronologie qu’avec les personnages, Fincher installe un passionnant thriller au coeur d’intérêts multiples. Au fur et à mesure que l’affaire devient synonyme de juteux dividendes. Un voyage dans l’envers du décor. Pour tenter de saisir les mécanismes d’une « success story » trop belle pour être totalement innocente.
[via] ouest-france.fr