Le Festival fait les beaux jours des boutiques de luxe
CANNES – Les festivaliers font le bonheur des grandes marques sur la Croisette, qui voient leurs chiffres d’affaires gonflés pendant la quinzaine…

Une boutique de luxe sur la Croisette, à Cannes. LYDIE/SIPA
Chaque année au mois de mai, Cannes devient le centre mondial du cinéma. Qui dit cinéma dit acteurs, actrices et tapis rouge, et donc costumes et robes de grands couturiers. Et, sur la Croisette, les magasins des grandes marques de luxe profitent à plein de l’aubaine. « On est vraiment sur une autre planète durant le festival du film », s’exclame Patricia, directrice d’une de ces boutiques.
Cependant, ce ne sont pas les stars qui boostent leurs ventes – les services de presse à Paris leur prêtent les robes, rappelle Patricia – mais les gens présents au Festival. « Nos clients sont les propriétaires des sociétés de l’industrie du cinéma, qui montent les marches, organisent ou sont invités aux soirées et aux réceptions privées ». A La Spiga, boutique couture multimarques, la directrice Roselyne Quesniaux note effectivement une augmentation des ventes de robes cocktail et de robes du soir, achetées «principalement les festivaliers, même si quelques clients habituels, qui ont des invitations, nous rendent également visite.»
Le mauvais temps, une bonne nouvelle de plus
Du coup, pour profiter un peu plus de cette opportunité, les magasins organisent des « special events » pour leurs clients. Patricia y présente ainsi la nouvelle collection automne-hiver de la marque, ainsi que des « pièces spéciales et uniques envoyées spécifiquement de Milan pour l’occasion ». Bonne nouvelle supplémentaire: le Festival est plutôt pluvieux cette année. « Quand il pleut, la fréquentation augmente: les dames s’ennuient et font du shopping », raconte Roselyne Quesniaux.
Le Festival génère donc un afflux de clients de qualité, mais amène aussi des personnes qui n’entrent pas habituellement dans les magasins. « Ce sont des visiteurs, pas des clients. Ils veulent voir comment ça se passe dans les boutiques de luxe qu’ils n’ont pas forcément l’habitude de fréquenter », note Patricia. « Chez nous, nous travaillons avec les portes ouvertes sur la Croisette, cela les intimide moins que d’entrer dans les grandes maisons avec un portier et des bodyguards », renchérit Roselyne Quesniaux.
Beaucoup de monde, mais peu de clients
Une réalité vécue de plein fouet par cette directrice France d’une grande marque italienne. « Cette année, c’est le pire Festival que j’aie connu. Il y a autant de monde que les années précédentes, mais très peu de clients dans la cible de notre marché, avec un pouvoir d’achat élevé qui augmenterait le nombre de ventes ». Elle explique: « Les années précédentes, même avec seulement deux clientes nous gagnions notre journée, parce que c’étaient des clientes haut de gamme, habituées à notre type de service, et qui achetaient beaucoup. Cette année, beaucoup de monde entre pour voir et toucher les produits, mais ce n’est pas une clientèle qui achète. Ils viennent seulement “visiter” la boutique ».
Cependant, si le mauvais temps influe sur le nombre de visiteurs dans les boutiques, toutes les directrices interrogées précisent qu’il n’influe en rien sur les toilettes. Anonymes et stars font un choix et s’y tiennent, même s’il fait frais ou s’il pleut. Selon les directrices, c’est « le glamour » qui compte avant tout. Pas étonnant, alors, de voir une actrice américaine comme Carey Mulligan (Wall Street 2) frissonner sur le tapis rouge.
[via] Bérénice Dubuc-envoyée spéciale à Cannes, 20minutes.fr