Grève du personnel navigant d’Air Algérie :
56 vols annulés hier à l’aéroport d’Alger
La direction de la compagnie nationale refuse de céder sur une revalorisation salariale de 100% et le syndicat maintient la pression en annonçant la poursuite de la contestation jusqu’à satisfaction de ses revendications.
Le bras de fer entre la direction générale d’Air Algérie et le Syndicat national du personnel navigant commecrial algérien (SNPNCA) est désormais engagé. Les deux parties s’accusent mutuellement de blocage et campent sur leurs positions.
Air Algérie refuse de céder sur une revalorisation salariale de 100% en acceptant que 20% et le syndicat maintient la pression en poursuivant son mouvement de contestation jusqu’à satisfaction de la revendication. Une situation qui a eu pour conséquence une lourde perturbation des programmes de vol de la compagnie pour la journée d’hier.
En effet, après la tenue d une assemblée générale tôt dans la matinée d’hier, le syndicat a décidé d’appeler à un arrêt de travail, qui même s il n’a pas été suivi à 100% comme cela a été le cas lors de la première grève le 15 juin dernier, a néanmoins cloué au sol de nombreux appareils au niveau des aéroports.
Les avions cloués au sol
Ainsi, selon le syndicat des stewards et des hôtesses de l’air, « rien qu’à Alger, 56 vols ont été annulés, alors que dans les autres aéroports un taux de suivi assez appréciable a été enregistré ». Pour M. Hamamouche, secrétaire général du syndicat, « la journée de protestation a été largement suivie en dépit des menaces, intimidations et mises en garde proférées par l’employeur ». Il regrette que l’administration « ne prête pas l’oreille aux revendications des travailleurs ». Et de préciser : « Nous avons la preuve que la compagnie a les moyens de revaloriser les salaires de tous puisqu’elle compte affréter des avions avec équipages juste pour casser le mouvement de grève.
Tous les moyens sont bons pour réduire au silence les travailleurs, y compris la colportation de rumeurs faisant état d’interpellation de délégués et de licenciements collectifs des grévistes. Nous avons pris toutes nos dispositions pour faire face à ces moments difficiles.
L’assemblée générale a décidé de poursuivre la contestation, nous ne ferons pas marche arrière jusqu’à ce que la compagnie réponde favorablement à nos revendications ».
En tout état de cause, la raison ne semble pas prévaloir dans ce conflit qui perdure depuis plus de trois mois, pénalisant lourdement le groupe et, à travers lui, les milliers de passagers fidèles à la compagnie et qui aujourd’hui sont les victimes collatéraux de cette crise. Intervenant à un moment crucial, en pleine saison estivale, celle-ci va coûter très cher à Air Algérie.
Le bon sens doit prévaloir, il y va de son image et de son avenir dans un marché qui connaît une concurrence très rude et surtout un contrôle assez rigoureux.
[via] Salima Tlemçani, elwatan.com