Le bio fait son entrée au salon du chocolat

Le comptoir du cacao est agréé par un organisme qui rend visite au chocolatier tous les mois M.Bosredon / 20 Minutes
Le grand rendez-vous des amateurs de chocolat ouvre ses portes jeudi 28 octobre, porte de Versailles à Paris…
Un salon « bon, bio et équitable ». C’est le slogan cette année du Salon du chocolat, qui se tient jusqu’au 1er novembre à Paris. Mais un chocolat bio, c’est quoi au juste? Comme le rappelle Stéphane Bonnat, maître chocolatier de la maison de Voiron (Isère), 80 % des plantations de cacao à travers le monde sont bios de fait, les producteurs n’ayant pas les moyens d’utiliser de traitements chimiques. « Mais les maisons reconnues comme bio ne représentent que 20 % de la production mondiale, et moins de 2 % du chocolat vendu dans le monde est bio ».
Car c’est au moment de la transformation du chocolat que tout se joue. Le moindre ajout de produit non bio empêche la labellisation. « C’est pourquoi de nombreuses maisons ne proposent que des plaquettes bio, pas de produits transformés ou travaillés », explique Benjamin Desmartins de Comptoir du cacao, artisan basé dans le Loiret. Avec son père Jean-François ils ont décidé de lancer une gamme bio il y a deux ans. « On avait une gamme équitable avant, mais on a arrêté, raconte Jean-François Desmartins. C’était surtout équitable pour les gens qui labellisaient », ironise-t-il.
« C’est une mode, difficile de dire si elle va durer »
Le bio en revanche il y croit davantage. « Il y a un marché. C’est une mode, comme il y en a eu déjà beaucoup avec le chocolat. A une époque il ne fallait consommer que du chocolat noir, par exemple… Alors que tous les chocolats sont potentiellement bons. Maintenant, difficile de dire si cette mode-là va durer ». Le prix d’achat de la matière première est « de 5 à 15 % plus chère », explique le fils, Benjamin. Mais comme les autres chocolatiers faisant dans le bio présents au Salon, il jure ne pas répercuter ce surcoût sur le prix de vente.
La certification bio en France est un défi qu’il faut relever constamment. « Nous sommes agréés par Eco Serre, qui nous rend visite tous les mois. Ils regardent le produit, s’il n’y a pas de pesticide ou autre, ils inspectent aussi nos locaux, notre manière de travailler, s’assurent qu’il n’y a pas de contamination entre les produits traditionnels et les produits bio. Et bientôt nous aurons l’obligation de nettoyer le local avec des détergents bios », assure Benjamin Desmartins.
« Bio ou pas bio, conclut Philippe Laurent, directeur des ventes de la maison Cluizel, un chocolat qui se distingue gustativement dépend toujours de la qualité de la fève et du savoir-faire ».
[via] Mickaël Bosredon, 20minutes.fr