Les pêcheurs bretons refusent les éoliennes près des côtes
Saint-Malo, Saint-Brieuc et Paimpol viennent de refuser les deux zones pressenties par l’État pour implanter des éoliennes. Les pêcheurs proposent un seul parc, plus vaste, mais plus éloigné de la côte.

Face à la proposition de l'Etat d'implanter deux fermes éoliennes en zone 1 et 2, les comités des pêches de Saint-Brieuc, Paimpol et Saint-Malo préfèrent la zone 3, plus loin des côtes, et moins gênante pour leur activité. Infographie : Ouest-France
Pourquoi ? Comment ? Où en est le dossier ?
« L’État nous a demandé de trouver une zone de moindre contrainte, c’est-à-dire la moins gênante pour la pêche. Après discussion, les comités locaux de pêche de Saint-Brieuc, Paimpol et Saint-Malo se sont entendus sur une zone unique », déclare Pascal Lecler, le président du comité des pêches de Saint-Malo. Cette position a été présentée le 16 juillet, à Rennes, aux élus et aux promoteurs.
Ces derniers, Poweo, Nass et Wind, ont déjà déposé leurs dossiers. Ils portent sur la construction de deux parcs offshore, de 30 à 40 éoliennes chacun, d’une puissance d’environ 250 MW, dans des zones situées à 30 m de profondeur.
Quelle est la position des pêcheurs ?
« Les pêcheurs ne sont pas contre l’éolien en mer, mais pas n’importe où et n’importe comment. Nous souhaitons que nos contraintes soient prises en compte. Or, les deux fermes éoliennes proposées par l’État sont très gênantes pour nous. » La zone au large d’Erquy est fréquentée par 250 navires, et celle au large de la pointe du Grouin, par 47 à l’année.
En quoi les éoliennes seraient gênantes ?
Elles sont en pleine zone de migration d’est en ouest des araignées, et au milieu d’une nurserie pour les coquilles Saint-Jacques. C’est le plus beau gisement de la Bretagne nord. « Une importante peuplade de cétacés se promène aussi dans tout le secteur 1. Comment vont-ils réagir ? »
Pascal Lecler affirme enfin « que les éoliennes mesurent 150 m, soit quatre fois la hauteur du phare du Jardin, distantes de 1 km chacune sur 3 à 4 rangées. Du cap Fréhel, des remparts de Saint-Malo et de la pointe du Grouin, on les verra. »
Existe-t-il une autre alternative ?
Depuis mars, cinq chargés de missions travaillent sur l’impact de ces deux parcs éoliens sur les activités de pêche. « Une troisième zone est envisageable, plus au large, plus profonde et plus vaste. Nous préférons ce projet unique sur 70 km2 de 80 mâts pour une puissance de 500 MW à deux sites de 40 mâts chacun. Avec un câble unique relié à la terre, il y aurait moins d’impact sur la faune et la flore. Et nos activités seraient moins impactées, même si une trentaine de fileyeurs à araignées restent concernés. »
Un opérateur serait-il intéressé ?
Vent d’Ouest s’intéresse à cette zone. « Ce qui conforte notre position », sourit Pascal Lecler. Cette société des Yvelines affirme qu’il est possible d’aller au-delà de 30 m de profondeur. Elle avoue cependant que le coût de réalisation sera supérieur de 10 %, mais précise que le nombre d’éoliennes dans une zone deux fois plus étendue réduirait le prix de revient de chacune (Ouest-France du 20 juillet, édition de Saint-Brieuc). La préfecture tranchera en septembre.
[via] Nadine Paris, ouest-france.fr