France – Retraites: la commission vote la fin de la retraite à 60 ans
Ce nouvel âge légal de départ à la retraite entrera en vigueur en 2018…

Le ministre du Travail, Eric Woerth, le 7 juillet 2010 à Paris. AFP
C’est fait, la Commission des affaires sociales a adopté la mesure phare du projet de loi sur les retraites: l’âge légal de départ à la retraite passera de 60 à 62 ans d’ici à 2018, a-t-on appris de source parlementaire. « Article 5 (report de l’âge de départ à 62 ans). Adopté…», commente lapidairement le député socialiste Gaëtan Gorce sur Twitter. Ce recul se fera progressivement, avec un recul chaque année de quatre mois pour la génération de 1951. « On a choisi de ne pas aller plus loin que 62 ans mais d’aller plus vite » dans le temps a expliqué Eric Woerth aux députés, selon une élue de gauche qui l’a rapporté à l’AFP.
L’âge légal de départ en retraite est fixé à 60 ans depuis 1983 et le mandat de François Mitterrand. Et c’est la disposition la plus critiquée par la gauche et les syndicats et celle sur laquelle le gouvernement ne veut absolument pas revenir dessus.
Ambiance électrique pour les socialistes
Deux amendements présentés pour le Nouveau centre ont été également adoptées mercredi. Relativement mineures, ils concernent le volet sensible de la pénibilité, sur lequel le gouvernement promet des concessions, qui ne seront dévoilées qu’en septembre prochain, lors de l’examen du projet de loi en séance publique. Le premier amendement prévoit que le futur Comité de pilotage des régimes de retraites devra, pour statuer sur le sujet, s’appuyer sur les travaux de l’observatoire des pénibilités du Conseil d’orientation des conditions de travail (COCT).
L’autre prévoit qu’un décret précise que cet Observatoire « est chargé d’apprécier la nature des activités pénibles dans le secteur public et le secteur privé, et en particulier celles ayant une incidence sur l’espérance de vie ». Cette double adoption a été saluée par les députés du Nouveau centre, pour qui il s’agit d’une « avancée nécessaire à une réforme effective et à une réelle prise en charge de la pénibilité pour les salariés ».
« Toutes nos propositions ont été rejetées », regrette en revanche Jean-Marc Ayrault, le patron des députés socialistes sur Twitter. « L’attitude de nombreux députés de la majorité est regrettable. Le brouhaha est quasi permanent, les réflexions se font à voix haute », se plaint encore le député-maire de Nantes.
Dans la matinée, 90 amendements ont été examinés (sur 400 environs), «une quinzaine ont été adoptés, un tiers venant de l’opposition et deux tiers venant de la majorité», a précisé à la mi-journée Pierre Méhaignerie, le président de la commission des Affaires sociales.
[via] M.Pi., 20minutes.fr