France – Les maisons de retraite font face à la chaleur
Quand le mercure grimpe, les personnes âgées requièrent davantage d’attention. Les équipes soignantes sont sur le qui-vive, sans céder à l’agitation des plans canicule.

L'accent est mis sur l'hydratation des personnes âgées. Les personnels sont formés : au moins un litre d'eau par jour. Maxime Letertre
L’ambiance est lourde à l’extérieur, mais fraîche à l’intérieur. À la résidence Saint-François, à Rennes, les espaces de vie commune sont entièrement climatisés. Salle à manger, cuisine, hall d’entrée, chapelle, salle d’activité, la température est maintenue aux alentours de 24 °C, été comme hiver. « Mais, souvent, les résidants se plaignent qu’il fait trop froid. Alors on allume la climatisation seulement quand il n’y a personne dans la salle », glisse Marie-Thérèse Lorans, directrice de l’établissement.
C’est la journée de solidarité, instaurée en 2004, qui a permis d’installer une climatisation. En contrepartie de cette journée travaillée, mais non payée, les employeurs versent une contribution de 0,3 % de la masse salariale. Cette enveloppe est censée financer une meilleure prise en charge des personnes âgées ou handicapées.
Dans ce cadre, l’établissement rennais a pu embaucher six personnes à temps plein. Mais la résidence n’a pas attendu ces aides pour évoluer. « L’été 2003 a été un vrai test pour mon établissement et pour la Bretagne. Alors que, partout en France, on additionnait les décès liés à la canicule, ici, on n’a déploré aucun mort. »
Imposer le verre d’eau
Grâce aussi à une équipe « pleine de bon sens », selon les mots de la directrice. « En hiver, on n’attend pas que le gouvernement déclenche le Plan grand froid pour allumer les chauffages. En été, c’est pareil avec la climatisation. On a du personnel et des résidants solidaires. »
De l’année 2003, des leçons ont tout de même été retenues. Des thermomètres ont été posés un peu partout dans l’établissement, des formations internes pour le personnel ont été organisées, les sorties par grosse chaleur sont mieux préparées et des ventilateurs sont désormais fournis à la demande.
De plus, le Plan bleu est revu chaque année. Ce dispositif, activé du 1er juin au 30 août, liste les comportements à adopter en cas de grosse chaleur. Le seuil : 20 °C relevés dès 6 h du matin. Dans ce cas, les priorités sont revues. Plus d’animations ludiques, mais uniquement des soins aux personnes. Rafraîchissements systématiques des résidants (brumisateurs, eau, etc.) et service d’aliments froids (potages et thés par exemple).
Au quotidien, 49 personnes s’activent auprès des résidents. Ceux-ci ont des consignes strictes en matière d’hydratation. « Avec l’âge, la sensation de soif disparaît peu à peu. Il faut donc imposer le verre d’eau, même si les personnes n’en ressentent pas le besoin », argumente la directrice.
Des mesures qui, visiblement, satisfont la centaine de résidants. « Y’a quand même pas mal de courants d’air », se plaignent certains. D’autres assurent que, l’été, « c’est tout à fait vivable ».
[via] Quentin Lesiourd, ouest-france.fr