Marée noire aux USA : BP prépare le pompage
Les techniciens de British Petroleum vont s’efforcer au cours du week-end de connecter un dispositif de pompage au coffre géant d’acier et de béton descendu vendredi au fond de l’eau.

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Les techniciens de British Petroleum vont s’efforcer au cours du week-end de connecter un dispositif de pompage au coffre géant d’acier et de béton descendu vendredi au fond de l’eau, à 1.500m de profondeur, pour tenter d’endiguer la marée noire provoquée par l’accident le 20 avril d’une plate-forme pétrolière dans le Golfe du Mexique.
La plate-forme, Deepwater Horizon, s’est effondrée et a coulé le 22 avril, deux jours après une explosion qui a tué 11 techniciens.
Vendredi, le coffre mesurant 12m et pesant 100 tonnes, terminé à son extrémité supérieure par un entonnoir renversé, a été descendu au fond de l’eau par une grue. Cela revient à « prendre un immeuble de quatre étages, le descendre à 1.500m et le positionner sur une tête d’épingle », a résumé un porte-parole de BP, Bill Salvin.
Des robots sous-marins ont aidé à mettre en place le coffre, qu’il s’agit à présent de stabiliser. « Au cours du week-end, nous espérons pouvoir connecter le dôme » surmontant le coffre au navire de pompage Enterprise, a déclaré samedi Doug Suttles, chef des opérations de BP.
Si tout se passe bien, les opérations de pompage devraient avoir lieu « au début de la semaine prochaine, et nous commencerons à évacuer le pétrole », a-t-il dit. L’explosion puis l’effondrement de la plate-forme ont provoqué la rupture en plusieurs points d’une canalisation reliant le puits à la plate-forme qui a sombré à 80km au large de la Louisiane. Depuis l’accident, près de 800.000 litres de pétrole se déversent chaque jour dans le golfe du Mexique.
En cas de réussite, le couvercle pourra collecter près de 85 % du pétrole qui s’échappe du puits. Le brut sera alors siphonné au moyen d’un pétrolier en surface après la mise en place d’un conduit reliant le coffre au bateau. Si l’opération se solde par un succès, un deuxième couvercle, en cours de construction, pourrait être utilisé pour colmater une deuxième fuite, plus petite.
Cette technologie a été utilisée à plusieurs reprises dans des eaux sombres, mais jamais à une telle profondeur (1.500 mètres), où la pression est suffisante pour écraser un sous-marin. « Nous n’avons jamais fait cela auparavant, et nous devons nous attendre sans aucun doute à des problèmes, mais nous sommes déterminés à essayer », a ajouté Doug Suttles.
Une bulle de gaz à l’origine de l’explosion
L’explosion de la plate-forme pétrolière est due à la remontée brutale d’une bulle de gaz méthane, selon le témoignage d’employés de la plate-forme recueillis dans le cadre de l’enquête interne de British Petroleum et dont l’Associated Press a pu prendre connaissance vendredi.
BP, exploitant de la plate-forme, n’a pas commenté ces informations, ajoutant que l’enquête est toujours en cours.
Le document interne de BP a été commenté et détaillé à l’AP par Robert Bea, professeur d’ingénierie à l’Université de Californie à Berkely, et spécialiste de la sécurité des installations pétrolières qui a travaillé comme consultant pour BP dans les années 90. Le rapport comportant les témoignages lui a été adressé par des collègues du secteur pétrolier, qui sollicitaient son avis d’expert.
[via] ap, lesoir.be