Les formats et la télé 3D au coeur du MIPTV, sur fond de recul du marché
Les formats, ces concepts d’émissions s’exportant à moindre frais, la co-production, qui permet de mutualiser les coûts, et la prometteuse 3D domineront le 47ème MIPTV, vaste marché international des contenus audiovisuels qui démarre lundi à Cannes sur fond de récession.

© AFP/archives - Boris Horvat
En 2009, le marché mondial de la télévision a représenté un total de 268,9 milliards d’euros, en recul de 1,2% par rapport à 2008, principalement affecté par la chute des recettes publicitaires de 9,2%, selon un étude du cabinet de conseil Idate présentée par Médiamétrie.
Les effets de la crise devraient donc toujours se faire sentir au 47ème MIPTV, l’un des plus grands marchés mondiaux de programmes audiovisuels, mais avec un frémissement de reprise.
« Le MIP va être un bon test pour savoir si la reprise s’implante durablement ou reste fragile », a déclaré à l’AFP Mathieu Béjot, de TV France International, chargée d’exporter les programmes français.
Le MIPTV sera inauguré lundi après-midi par le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand.
Cette année, 11.500 participants et 4.000 acheteurs venus de 100 pays se retrouveront pendant quatre jours pour trouver de quoi remplir les grilles de programmes, la consommation de télévision ne cessant d’augmenter à travers le monde.
Cela représente près de 10% d’acheteurs en plus qu’au MIPTV de 2009, avec une présence renforcée pour la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Europe de l’Est, la Chine, la Russie, l’Inde et le Moyen-Orient.
Environ 50 nouveaux exposants sont attendus, parmi lesquels la Lituanie, l’Inde, la Chine, l’Iran et le Japon. Pour la première fois, l’Argentine aura son pavillon.
La problématique centrale de ce 47ème MIP tournera autour de l’industrie des formats, en plein boom, à laquelle une journée entière sera consacrée dimanche en avant-première.
Les formats télévisés sont des concepts d’émissions codifiés pour s’exporter à travers le monde et se décliner dans chaque pays.
« Super Nanny », « Koh Lanta » ou « Qui veut gagner des millions » sont des exemples de formats importés de Grande-Bretagne ou des Etats-Unis, que les sociétés de production ont adaptés à la culture française.
Le recours au format permet de réduire les coûts et de minimiser la prise de risques puisque la recette a déjà fait ses preuves ailleurs.
L’industrie des formats pèse environ 2,2 milliards d’euros (3 milliards de dollars) à travers le monde. Le volume de production issu de formats est, lui, passé de 4,7 milliards d’euros (6,4 milliards de dollars) sur la période 2002-2004 à 6,9 milliards d’euros (9,3 milliards de dollars) en 2006-2008, selon une étude Frappa citée par les organisateurs du MIPTV.
Les trois leaders historiques sur ce marché sont la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et les Pays-Bas.
La co-production sera aussi un thème majeur, alors que le marché « devient de plus en plus global et qu’elle permet aux pays sortant de la crise de partager les coûts », a expliqué à l’AFP Laurine Garaude, responsable du département télévision du Reed Midem, la société organisatrice.
La prometteuse télévision en 3D, portée par le succès d’Avatar au cinéma, occupera également une place importante. Le patron du bouquet satellitaire britannique BSkyB, Jeremy Darroch, qui a lancé la première chaîne 3D d’Europe, tiendra une conférence.
Le pays à l’honneur sera Singapour, très investi dans la 3D.
Enfin, plusieurs stars du petit écran viendront sur la Croisette pour présenter leurs nouveaux rôles: Jason Priestley, alias Brandon de Beverly Hills, et William Shatner, le capitaine Kirk de « Star Trek ».
[via l’article d’origine ]
Par Juliette COLLEN, lesechos.fr
publié, le Dimanche 11 Avril 2010