La fête amère de l’agriculture au Salon de Paris
Il ouvre ce samedi. Au-delà du rendez-vous festif et gourmand avec les Français, c’est une nouvelle occasion pour la profession de mettre en avant ses difficultés.

Aïda, la salers vedette du Salon de l'agriculture, avec son heureux propriétaire, Jean-Paul Réveille. AFP
Sa robe frisée est acajou. Aïda, 5 ans, est une salers. La vedette du 47e Salon de l’Agriculture (1). C’est elle qui orne l’affiche officielle. Mais Aïda vit loin des montagnes du Cantal, le berceau de sa race. Elle s’épanouit chez Jean-Paul Réveille, 49 ans, à Ménétréol-sur-Sauldre, dans le Cher, en Sologne.
Pipe au bec, béret vissé sur la tête, Jean-Paul Réveille est passé par la Marine nationale et la finance avant de devenir éleveur. Pour éviter la pression de la grande distribution sur les prix, avec sa femme Laure, il a fait le choix du haut de gamme, avec la salers, et de la vente directe.
Ils profitent de leur proximité avec l’Ile-de-France pour écouler leur viande auprès de quelque deux cents clients fidèles. Jean-Paul et Laure Réveille symbolisent bien les virages d’une agriculture en pleines turbulences derrière la belle vitrine qu’est le Salon.
Au-delà de la rencontre toujours festive et gourmande avec les Français, la semaine du Salon est, plus que jamais, l’occasion pour les agriculteurs de mettre leurs problèmes sur la place publique, notamment pour les syndicats minoritaires, toujours en marge des circuits et des négociations officielles, mobilisés par la puissante FNSEA. Fer de lance de cette grogne, les producteurs de lait, en bisbille depuis de longs mois avec l’industrie et la distribution sur le prix payé.
Des « revenus en berne »
Les producteurs indépendants (Apli) et la Coordination rurale organisent, lundi, un « forum », en plein Salon, pour dénoncer la fin programmée des quotas laitiers et le yo-yo des prix. Mercredi, ce sera au tour de la Confédération paysanne, autre syndicat minoritaire, de s’insurger contre « les revenus en berne ».
En 2009, le revenu annuel moyen des agriculteurs devrait être de 14 500 €. C’est moitié moins que le record de 28 500 € atteint en 2007, quand les prix agricoles étaient au plus haut, avant de dégringoler.
Cela ne devrait pas peser sur le succès populaire d’un Salon qui attend au moins 700 000 visiteurs. Ni entraver le défilé des politiques, encore plus motivés en cette période électorale. Bruno Le Maire, le ministre français, inaugure la manifestation, ce samedi, en compagnie du commissaire européen à l’Agriculture (lire en rubrique « Agriculture », en fin de journal).
Salon de l’agriculture. À partir de ce samedi jusqu’au 7 mars, Porte de Versailles, à Paris, de 9 h à 19 h. Nocturne le 5 mars jusqu’à 23 h (site Internet : www.salon-agriculture.com). Entrées : 12 € ; 6 € pour les 6-12 ans.
[ via l’article d’origine ]
ouest-france.fr
publié, le 27 Février 2010