Et si la femme était l’égale de l’homme au travail ?
Six lois depuis 1972 n’y ont rien fait : les femmes gagnent toujours 27 % de moins que les hommes.Il y en aura une septième, a annoncé le ministre du Travail, qui veut des sanctions. Et associer les syndicats.
Égaux devant les salaires ? Les années et les lois passent et rien ne semble vraiment changer : encore aujourd’hui, une femme gagne 16 % de moins qu’un homme en salaire horaire brut. D’une manière globale, cela se traduit, en moyenne, par 27 % de moins sur la feuille de paie. Notamment parce que les femmes travaillent moins (83 % des travailleurs à temps partiel sont des femmes) et à des postes à moindre responsabilité. Encore un chiffre ? Les femmes représentent aussi deux tiers des bas salaires…

Photo : Marc Ollivier
Et de sept ! Six lois ont déjà été votées pour éradiquer cette lancinante question de l’inégalité professionnelle entre homme et femme depuis 1972, sans jamais résoudre les problèmes. Il y en aura pourtant une septième en 2010 : le ministre du Travail, Xavier Darcos, l’a annoncé hier. Mais avec, cette fois, des sanctions pour les entreprises qui paieraient une sorte de « malus ». « Pourquoi ne pas rendre publiques certaines informations sur l’écart de salaires pour que la pression de l’opinion publique aide les entreprises à évoluer ? », se demande aussi Xavier Darcos. Pour l’heure, triste bilan : seulement 5,8 % des entreprises de plus de 300 salariés ont engagé des négociations avec les syndicats sur l’égalité salariale. En dépit de la loi de 2006, qui l’imposait.
Des quotas ? Avant une nouvelle loi l’an prochain, le ministre veut discuter avec les partenaires sociaux. Les syndicats, qui pressent le gouvernement d’agir (« Stop aux belles paroles », dit la CFTC), et le patronat sont invités à se pencher, notamment, sur l’épineux dossier des quotas : en clair, l’instauration de règles contraignantes obligeant à nommer davantage de femmes parmi les salariés et les cadres dirigeants.
Mais un quota de combien ? 40 % de femmes à la tête des grandes entreprises, suggérait, en juillet, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales. « Trop rigide », estime le ministre. Il plaide plutôt pour une présence des femmes à la tête des entreprises comme dans les organes de représentations du personnel, « proportionnelle à la structure de l’entreprise ».
Davantage de femmes, davantage de richesses. Une chose est sûre : avoir plus de femmes salariées, ça ne nuit pas à l’entreprise ! Au contraire. Une étude de Michel Ferrary, professeur au Ceram (école supérieure de commerce de Nice), portant sur quarante-deux grandes entreprises françaises entre 2002 et 2006, en témoigne. Elle montre que celles qui emploient plus de 35 % de femmes ont vu leur chiffre d’affaires progresser davantage que les autres (61 % de plus). Ces entreprises sont aussi deux fois plus rentables, plus productives (34 % de plus) et créent plus d’emplois (150 % de plus). Pourquoi ? Car la diversité, suggère le chercheur, le mélange d’hommes et de femmes améliorent la prise de décision, la créativité, l’adaptabilité.
En revanche, les cours de la bourse des entreprises plus féminisées ont augmenté moins vite. En période de croissance, les femmes feraient des prévisions plus pondérées, pense Michel Ferrary. Et donc moins stimulantes pour les investisseurs.
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de ouest-france.fr
publié, le 07 Novembre 2009