La liste des candidats des nouvelles extensions internet publiée aujourd’hui

L’Icann a publié aujourd’hui la liste des candidats pour les nouvelles extensions. Aux côtés du .com ou du .fr, on pourrait bientôt retrouver un .google, un .apple, un .paris ou encore un .corsica.
Gros changements en vue sur Internet.
L’Icann, l’organisme qui gère les noms de domaine au niveau mondial, a publié aujourd’hui la liste des dossiers reçus pour constituer les « gTLD » (generic top-level domains). Dans les prochains mois, aux côtés des traditionnelles extensions, comme le .com, le .net, le .org ou les extensions nationales comme le .fr, on pourrait ainsi voir apparaître des sites Internet comme toureiffel.paris, brest.bzh, ou encore news.google.
L’Icann a reçu 1.930 dossiers de candidature, dont près de la moitié viennent d’Amérique du Nord (911). Suivent ensuite l’Europe (675 projets), l’Asie-Pacifique (303), l’Amérique latine (24) et l’Afrique (17). Au total, les demandes proviennent de 60 pays différents. Des chiffres largement supérieurs aux attentes de l’Icann, qui tablait sur un nombre de dossiers compris entre 500 et 1.000. L’essentiel de ces projets sont portés par des entreprises, des associations professionnelles ou des organisations à but non lucratif. Seuls 66 dossiers sont portés par des organisations régionales, dont plusieurs situées en France comme le .bzh pour la Bretagne, le .paris pour la Ville de Paris ou le .corsica pour la Corse. Le nombre de litiges pourrait être limité : seuls 230 extensions sont revendiquées par deux porteurs de projets ou plus. Quelques batailles s’annoncent toutefois brûlantes, notamment pour le .video, que convoite Amazon.
De lourds investissements
Parmi les entreprises ayant postulé, on retrouve notamment Airbus, Alstom, Apple, Google, Hermès, Philips ou encore Sanofi, qui devraient essentiellement protéger leur marque. Certains pourraient utiliser ces nouvelles extensions pour mettre en avant leurs produits, comme les sociétés disposant d’une gamme de produits, iphone.apple par exemple. Les géants du Net ont été particulièrement actifs, voyant là quelques opportunités économiques. Amazon en ainsi déposé des dossiers pour gérer le .mail, le .video, le .map, le .mobile, le .movie, le .music ou encore le .news. Google, de son côté, convoite le .youtube qu’il pourrait commercialiser pour que des éditeurs achètent leur nom de domaine (par exemple france2.youtube), ou, plus surprenant le .lol pour des sites à contenu humoristique.
Le processus n’est pas terminé. L’Icann va désormais se pencher sur les dossiers et la liste définitive ne sera publiée que dans six mois. D’ici là, les ayants droit peuvent se manifester s’ils s’estiment lésés par le dépôt d’un dossier. L’Icann va également recevoir les candidats et étudier leurs capacités techniques et financières pour gérer ces extensions. Les élus devront en effet s’acquitter de droits assez importants pour gérer leur extension : un versement de 185.000 dollars pour obtenir son domaine puis une taxe annuelle de 25.000 dollars. Avec les frais juridiques et le choix d’un partenaire technique, l’addition pourrait être de plusieurs centaines de milliers de dollars. Un coût qui a suscité de vives critiques contre l’Icann, d’autant que le processus de sélection a été perturbé. Le dépôt des candidatures avait un temps été stoppé pour des problèmes techniques, il y a quelques semaines, retardant de deux mois l’ensemble du processus
[via] Nicolas Rauline, lesechos.fr