Non, les jeunes n’ont pas peur de devenir agriculteurs
Aix a accueilli le forum de l’installation et de la transmission agricole

Des représentants de nombreux corps de métier, viennent répondre aux questions des jeunes agriculteurs ou futurs chefs d'entreprises. Photos S.Si / La Provence
Pourquoi il est là ?
« Parce que s’il n’y a plus d’agriculteurs, il n’y a plus de vie ». À 22 ans et une détermination déconcertante, Damien résume l’importance de ce forum d’installation et transmission agricole, organisé pour la huitième fois par le syndicat des jeunes agriculteurs des Bouches-du-Rhône.
Créer la rencontre, voilà bien quelque chose de précieux pour ces jeunes venus chercher là, la clé pour devenir chef d’entreprise. Pour les y aider, banques, conseillers, représentants de la protection sociale, de la réglementation agricole, des fournitures, de la fiscalité, du foncier… beaucoup d’intervenants pour beaucoup de demandes, bien plus que les années précédentes.
« Les démarches sont exactement les mêmes que pour un autre métier, parfois même, plus lourdes encore ».
« Il y a cette année, une dynamique très particulière qui prouve que, contrairement à ce qu’on peut croire, les jeunes n’ont pas peur de se lancer dans le métier de l’agriculture ». Il faut pourtant relativiser. Tous n’arrivent pas là avec des projets bien fondés, beaucoup n’ont tout au plus, qu’un vague désir de revenir à quelque chose de fondamental, la terre.
« Ils se font une idée fausse de l’agriculture. Beaucoup croient que c’est quelque chose de très simple. J’en ai croisé qui pensent simplement pouvoir planter leur arbre et attendre que ça pousse… D’autres ont une idée plus avancée de la chose mais pensent que, parce qu’il s’agit de revenir à la terre à la nature, alors les démarches administratives seront plus faciles qu’ailleurs. On commence par leur expliquer le contraire. Les démarches sont exactement les mêmes que pour un autre métier, parfois même, plus lourdes encore ».
« Notre but, c’est de promouvoir des projets viables et vivables »
Peut-être cette méconnaissance s’explique-t-elle par le fait que la grande majorité des intéressés ne sont pas issus de familles d’agriculteurs ; le plus souvent, ils ont exercé d’autres métiers et souhaitent se reconvertir, parfois sans avoir suivi de formation, pensant que cela n’est pas nécessaire pour les métiers de la terre.
Si le syndicat se réjouit de l’intérêt des jeunes pour cette filière, il insiste donc sur ce point : « Il ne s’agit pas là de s’installer pour s’installer, notre but, c’est de promouvoir des projets viables et vivables, avec des installations qui seront susceptibles de faire vivre une famille ».
[via] Nadia Tighidet, laprovence.com